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Italie

Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 11:21

foca-monaca-interna-nuovaRien de tel que la lecture quotidienne de la presse italienne pour se mettre le psycho-soma à zéro.

Mais quand même, une bonne nouvelle... Le phoque moine, disparu depuis longtemps à cause de la pollution et de la chasse, est réapparu dans les îles Egades, à l'Ouest de la Sicile...

En attendant le retour des cyclopes... Mais là, ce serait plutôt à l'Est...

Par rene - Publié dans : Italie
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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 04:35

andreotti  article publié le 16 mai sur le site [http://la-sociale.viabloga.com]

 

En ce début de mai 2013 est mort Giulio Andreotti, "Il Divo" démocrate-chrétien qui régna sur l'Italie dans la seconde moitié du XXe siècle. Il avait 94 ans. Il a disparu avec la plupart de ses lourds secrets.

Toutefois, et le coming out n'était pas innocent (à tous les sens du mot), il avait révélé en 1990 (ou plutôt confirmé puisque l'ex-directeur de la CIA, William Colby, en avait fait état dans ses Mémoires en 1976), l'existence du réseau Gladio ("le Glaive"). Réseau qui ne concernait pas seulement l'Italie, puisque, sous l'égide de l'OTAN (1949 : adhésion de l'Italie), ce nom guerrier désignait la mise en place, effectée dans seize pays d'Europe de l'Ouest (dont la France. Tiens, au fait, où en est l'enquête ?), de cellules clandestines armées (stay-behind) prêtes à lutter contre une éventuelle occupation soviétique, voire à la prévenir.

L'offensive soviétique n'a pas eu lieu, mais les historiens et l'opinion publique italienne s'interrogent toujours ("s'interrogent" serait plutôt un euphémisme) sur l'implication de Gladio, ou à tout le moins de certains de ses éléments, (notamment dans les hautes sphères nationales militaires et policières), dans les tragiques événements des années de plomb italiennes (manipulations, provocations, attentats aveugles terriblement meurtriers, complots, préparations de coups d'État, etc).

Et dans la foulée, en 1992, la presse se faisait l'écho des révélations du Père Caruso sur la "Gladio bianca", organisée à partir de 1958 par un noyau d'éminents Jésuites avec la bénédiction du Pape et un soutien américain, notamment financier : des groupes de "Gladiateurs blancs" avaient été mis en place dans les diocèses à fort péril électoral rouge... Opération qui se voulait seulement de propagande, mais sait-on jamais ? Le scandale fut grand. 

Suite aux révélations d'Andreotti, de nombreuses publications italiennes revisitèrent la vie politique nationale depuis le débarquement allié en 1943. On sait, ou on ne sait pas, que dès ce débarquement, et donc bien avant le déclenchement de la guerre froide, les Américains avaient entretenu des contacts étroits avec les réseaux "noirs" organisés sous l'égide du Vatican, de l'aristocratie et des fascistes : il s'agissait de se préparer à l'affrontement physique avec "l'ennemi de l'intérieur", et la préparation alla bien au-delà en Sicile, où, entre 1945 et 1947, la mafia et le banditisme, réintroduits par les USA, frappèrent de façon sanglante les syndicalistes et les communistes.

L'Italie était en première ligne des préoccupations américaines, tant par sa position stratégique (au contact frontalier avec la Yougoslavie, à quelques encablures de l'Albanie) que par la force impressionnante du parti communiste.

Avec la création de la CIA en 1947, ces contacts se renforcèrent et persistèrent jusqu'au milieu des années 1970. En ce mois d'avril 2013, la publication par WikiLeaks d'une masse de messages de Kissinger est venue confirmer ces liens entre les États-Unis et ces milieux prêts à tout pour contrer l'influence communiste.

Après 1975, les Américains changèrent de stratégie en Europe et abandonnèrent un soutien trop voyant aux régimes dictatoriaux d'Europe du Sud. Mais l'exemple terrifiant de leur rôle dans la coup d'État militaire au Chili (1973) n'allait pas cesser de planer sur la gauche italienne.

Ce changement de stratégie des Américains tenait essentiellement aux gages que leur avaient donnés, sous la pression, ceux-là mêmes qu'ils combattaient par tous les moyens. Depuis 1949, date de la création de l'OTAN, les partis d'opposition qui s'approchaient du pouvoir (Parti socialiste dans les années 1960, Parti communiste dans les années 1970, celles du Compromis historique brisé dans le sang d'Aldo Moro) furent sommés de témoigner de leur fidélité atlantique. 

À partir du milieu des années 1970, c'était chose faite. Mais, ce faisant, ces deux partis perdaient leur âme, et, malgré la persistance à leur encontre de la rhétorique anti-rouge, leur éventuelle accession au pouvoir n'offrait plus guère de dangers.

Pour autant, le trauma demeure. C'est une affaire entendue, et depuis fort longtemps donc intériorisée par les Italiens : il n'est pas question qu'une "vraie gauche" accède au pouvoir. Trop d'épisodes obscurs, et souvent sanglants, en ont témoigné. Les forces qui, depuis la chute du fascisme, se sont, en dehors du jeu politique légal, ingéniées à maintenir le pays "du bon côté", forces occultes souvent en prise directe avec les survivants du régime mussolinien, avaient deux commanditaires, le Vatican et les États-Unis. Il serait bien innocent de penser que ces deux-là se désintéressent aujourd'hui de la situation italienne...


Par rene - Publié dans : Italie
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Jeudi 9 mai 2013 4 09 /05 /Mai /2013 02:03

"Créer une nouvelle culture ne signifie pas seulement faire individuellement des découvertes "originales", cela signifie aussi, et spécialement, répandre de façon critique les découvertes déjà faites, les "socialiser" pour ainsi dire, et par conséquent faire qu'elles deviennent autant de bases pour des actions vitales, en faire un élément de coordination et d'ordre intellectuel et moral. Qu'une masse d'hommes soit conduite à penser de façon cohérente et sur un mode unitaire le réel présent, c'est un fait "philosophique" bien plus important et "original" que ne peut l'être la trouvaille, de la part d'un "génie" philosophique, d'une vérité nouvelle et qui reste le patrimoine de petits groupes intellectuels."

Gramsci, Cahiers de prison, cité dans Antonio Gramsci, Guerre de mouvement et guerre de position. Textes choisis et présentés par Razmig Keucheyan, la Fabrique éditions, 2011. p. 102

Par rene - Publié dans : Italie
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Jeudi 9 mai 2013 4 09 /05 /Mai /2013 02:02

 

cf. [ Hobsbawm ]

 

Pour qui comprend l'italien, comment ne pas être ému par ce propos du célèbre historien gallois [1917-2012], un des hommages à Gramsci les plus émouvants que je connaisse. Dans un italien parfait, Hobsbawm s'adresse à "Nino" qui est né la même année que son père, mais Nino n'est pas comme un père pour l'historien, il est bien plutôt un compagnon vivant de pensée et de lutte. En faisant référence à sa condition de Gallois (dans le cadre de l'État multinational britannique), Hobsbawm montre l'importance pour Gramsci de sa Sardaigne natale. Galles et Sardaigne, deux entités périphériques liées au Centre, et en même temps opprimées par le Centre. Certes, Gramsci est bien plus qu'un Sarde, mais sans cette appartenance il est impossible de le comprendre.

Je n'arrête pas de te lire, dit Hobsbawm à Nino, car tu es vivant non seulement pour tous les intellectuels du Monde, mais aussi pour tous ceux qui veulent un monde meilleur. Les progrès obtenus par les luttes dans les pays industrialisés avancés sont loin d'être encore à la portée des immenses masses misérables des cinq continents, et donc la lutte continue, plus que jamais

 

 

Les biographies de Hobsbawm abondent sur le Net. En clin d'œil, donnons celle d'un journal qui l'a longtemps boycotté* :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/10/01/l-historien-britannique-eric-hobsbawm-est-mort_1768351_3246.html

* Ne pas confondre Le Monde avec Le Monde Diplomatique qui a contribué à l'édition des travaux d'Hobsbawm, que toutes les maisons d'édition françaises, bien conseillées par les historiens en cour, (chiens de garde de la pensée unique) avaient refusées !

Par rene - Publié dans : Italie
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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 05:08


Peu avant sa mort [1984], le secrétaire national du P.C.I. Berlinguer évoque d'abord le rapport de Gramsci à la Sardaigne, puis l'actualité du marxisme de Gramsci, tant en Italie que dans les pays capitalistes avancés, et enfin l'actualité de l'antifascisme de Gramsci.

Par rene - Publié dans : Italie
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  • : René Merle, agrégé d'histoire, docteur ès lettres, chroniqueur et romancier - Ce blog présente le fruit d'un travail personnel de recherche et de documentation sur la culture d'Oc, l'écriture du francoprovençal, l'histoire du mouvement républicain et du mouvement ouvrier. On y trouvera aussi des réflexions concernant l'actualité sociale et politique. Il propose également un reflet d'une écriture personnelle de fiction (romans, nouvelles, poésie).
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