Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 04:15

château d'if  "Hôtel du Peuple souverain", inscription laissée par les insurgés prisonniers au Château d'If en juin 1848

 

article précédent :  Marseille Juin 1848 - (6) - M.Clément : "Barricados"

 

Lors de la répression directe de l'insurrection, et dans les jours qui suivirent, sur dénonciations de voisinage, plusieurs centaines d'insurgés ou présumés tels furent arrêtés. Le 22 juin, les premiers prisonniers furent enfermés dans les deux forts de l'entrée du port, puis nombre d'entre eux furent entassés au Château d'If. Même usée par le temps, on peut encore lire sur les murs du Château d'If la trace de leurs graffiti. L'arc d'une porte voûtée porte, profondément gravée, l'ironique inscription : "hôtel du peuple souverain"...

À la différence de Paris, où les jugements suivirent immédiatement l'insurrection et furent très durs, ici, on attend une année, et surtout on ne juge pas à Marseille : c'est Valence qui accueillera le procès.

Dans le climat tendu et répressif de l'année 1849, l'accusation et les peines apparaissent relativement « clémentes ».

Le procureur déclare : " La fermété et l'indulgence continueront à inspirer le ministère public dans sa conduite aux débats. D'une justice ferme contre ceux qui ont arboré le drapeau sanglant de la guerre civile et de l'anarchie, il sera d'une justice indulgente pour ceux qui n'ont été que les instrument passionnés ou aveugles de chefs séditieux. Le magistrat républicain sait ce qu'il doit de respect à la liberté des opinions. Il a une entière sympathie pour toutes les souffrances ; mais il déteste et flétrit toute attaque violente contre l'ordre social. Protecteur de la paix publique, de la propriété, de la famille, il connaît ses devoirs, et il saura élever son inébranlable dévoûment à la hauteur des grands intérêts de la société représentés par un jury probe, libre et national." ("Cour d'Assises...", op.cit)

Il suffit de comparer les peines décidées par le tribunal de Valence avec la cruelle brutalité des peines décidées par la commission mixte des Bouches-du-Rhône, après le coup d'État de 1851. Marseille ne connut pas d'insurrection en décembre 1851, mais pourtant bien des militants (préalablement libérés, légèrement condamnée, ou acquittés en 1849), furent envoyés à Cayenne : ainsi le propagandiste socialiste Couturat, qui, condamné à un an de prison en 1849, sera condamné à 20 ans de bagne à Cayenne en 1852. Ainsi le tourneur en chaises Cadenel, acquitté en 1849, et condamné à 20 ans de bagne de Cayenne en 1852. (le leader démocrate-socialiste Agénon, que nous avons vu négocier avec les barricadiers de Castellane, mourra à Cayenne peu après son arrivée...)


Le 25 juin 1849, un an après les événements, 153 insurgés étaient donc jugés par la Cour d'assises de Valence, dans une ville en état de siège, qu'ils traversèrent dans leurs fourgons pénitentiaires en saluant la foule au cri de "Vive la République !". La plupart, emprisonnés depuis un an déjà, n’avaient, mais, on le voit, rien perdu de leurs convictions et de leur combativité.

Un tri important avait déjà été fait parmi les 419 insurgés initialement inculpés. "La justice a rendu à la liberté, pour absence ou insuffisance de charges, 261 inculpés. Elle en a traduit cinq en police correctionnelle. Sur les 153 accusés qu'elle a renvoyés devant le jury, 46 seulement sont présentés comme coupables d'attentat, elle n'impute à presque tous les autres qu'une part plus ou moins active dans l'insurrection." (Cour d'Assises de la Drôme. Procès des accusés de juin de Marseille, Marseille, imprimerie nationale - association d'ouvriers)...

autres.

Parmi ces 261 inculpés dispensés de procès, on trouve des militants démocrates socialistes actifs (le journaliste Honoré Bondilh, par exemple, connut le château d'If). On y trouve aussi une "piétaille" qui, pour avoir été mêlée aux événements, ne semble pas y avoir pris une part importante.

Restent 153 hommes qui vont être jugés. C'est dire que le procès ne peut nous offrir qu'une vision très partielle de la composition sociologique et des origines géographiques de la totalité des manifestants, (plusieurs milliers) et des insurgés (plusieurs centaines).

 

Accusés et témoins s'expriment tous en français, à une seule exception : " La femme Héraut, née Henry, tenant un magasin de coiffeur à Marseille, dépose. La déposition de ce témoin est faite en patois provençal.(« Cour d’Assises… », op.cit). Tout en demeurant fortement provençalophone, Marseille a déjà été gagné au français. D'autant que l'immigration intérieure française y a été très forte sous la Monarchie de Juillet. Pour autant, la différence d'accent est constamment soulignée dans l'identification des inculpés : Marseillais, Français du Nord... Par exemple, Lombard, négociant, commandant de l'artillerie de la garde nationale, qui avait été au contact des barricades de la Grand Rue, puis de la place Castellane, et avait négocié avec les insurgés, répond ainsi à une question du président  : « Auriez vous connu quelqu’un des insurgés aux barricades ? – Je ne puis donner aucune indication précise à cet égard. Ce que j’ai remarqué et ce que j’ai entendu de leur langage, me porte à croire que la plupart des insurgés appartenaient au nord de la France » (« Cour d’Assises… », op.cit). La présence de quelques uns des 50 jeunes Parisiens de la Légion italienne, qui devaient quitter Marseille le 22, est ainsi attestée dans la manifestation du matin. Pour autant, aucune mention n'est faite dans l'accusation de leur participation à l'insurrection armée. Ces "Français du Nord" barricadiers sont bien des ouvriers travaillant à Marseille, sans être pour autant tous marseillais d’origine. Beaucoup sont venus de Paris, du Sud-Ouest, de l'Alsace et bien entendu de tout le Sud-Est. Certains, les plus âgés (trente ans et plus) sont profondément impliqués dans la vie politique de la cité, et depuis longtemps. 

 Les autres, très jeunes, sont ainsi présentés après le passage en revue des 46 inculpés estimés responsables de "l'attentat" : " L’audience continue par l’interrogatoire et l’audition des témoins concernant ceux des accusés qui ont été vus porteurs d’armes apparentes dans le mouvement insurrectionnel, construisant des barricades, envahissant le domicile des citoyens dans les quartiers environnant la place aux œufs et la place Castellane. Cette catégorie d’accusés est la plus nombreuse. Elle forme le principal contingent des insurgés qui ont à répondre devant la justice des événements du 22 et 23 juin. Ce sont pour la plupart des ouvriers qu’on est allé soulever dans leurs chantiers. Il y en a fort peu qui soient habitants de Marseille. Un grand nombre même ne sont pas français. » ("Cour d'Assises", op.cit). 

 Déclaration curieuse en ce qui concerne l'habitat (même depuis peu, même si leur gîte est provisoire, les inculpés sont domiciliés à Marseille) et en ce qui concerne la nationalité (en fait on relève un Bavarois, et deux Piémontais...). Mais restent cette dimension de l'effet d'entraînement à partir des lieux de travail. "Chantiers" ne peut pas s'appliquer au monde de l'atelier dont nous avons dans l'article "Barricades" qu'il a fourni son bon contingent, mais convient parfaitement aux ateliers nationaux (municipaux). Or, la liste des accusés mentionne très peu de travailleurs enrôlés dans ces chantiers municipaux. On peut penser, comme beaucoup de commentateurs l'ont avancé, que ces ateliers ont en fait peu donné à l'insurrection. On peut aussi penser que les inculpés ont donné leur profession initiale, qui ne correspondait pas forcément au travail qu'on leur proposait dans les dits ateliers... 

Voyons maintenant qui étaient ces inculpés, d'abord le groupe des responsables de l'attentat, puis le groupe des "entraînés". Je les ai classés par ordre alphabétique, en indiquant les lieux où ils ont participé à l'insurrection, et, éventuellement, leur condamnation.  

[J’indique en bleu ceux qui dans l'instruction sont désignés comme ayant appartenu au Club des Montagnards, et/ou ayant fait partie des quatre populaires compagnies montagnardes de la garde nationale, regroupées sous le nom de « compagnie des Tirailleurs » (présentes sur la Canebière puis engagées place aux Œufs).] [J’indique en rouge les inculpés n’ayant pas atteint la majorité de 21 ans]

 

Sont classés en « première catégorie - principaux fauteurs de l'attentat ».

1 - Ménier Paul, négociant, 35 ans, chef de compagnie [Canebière, place aux Œufs] [15 ans de détention]

2 - Ricard Dominique, fabricant de malles, 30 ans, chef de compagnie  [Canebière] [15 ans de détention]

3 - Perrin, Joseph Alexandre, aubergiste, 34 ans, chef de compagnie [Canebière, place aux Œufs] [10 ans de détention]

4 - Carbasse, Sébastien, officier de santé, 32 ans, accusé d’avoir tiré sur le général [Canebière, place aux Œufs]  [déportation]

5 - Bellissen Joseph, tapissier, 32 ans, lieutenant de compagnie, accusé d’avoir ordonné le feu contre le général [Canebière, place aux Œufs]

Ces cinq accusés peuvent être considérés comme les principaux fauteurs de l’attentat, et l’on a vu, dans l’exposé des faits, la part décisive qu’ils y ont prise le 22 juin, principalement à la Canebière " (« Cour d’Assises », op.cit)

Suivent 43 autres inculpés pour participation directe à l’attentat.

– Albot, cordonnier 25 ans [place aux Œufs]

– Aldebert, Jean Joseph, tailleur d’habits 42 ans, [Canebière] [4 ans de prison]

– Arnaud Jean Jacques, fabricant de malles, 41 ans, [place aux Œufs] [10 ans de détention]

– Arbid Joseph, lithographe et interprète, commissionnaire de maison de tolérance, 17 ans, [place aux Œufs] [trois ans de prison]

– Aymon Antoine, voilier, 39 ans, [place aux Œufs] [5 ans de détention ou 4 ans de prison]

– Aymon Basile, ouvrier menuisier, 43 ans, [place aux Œufs] [5 ans de détention ou 4 ans de prison

– Bailleux Julien, 25 ans, tourneur mécanicien chez Armand et Soudry à la Capelette, délégué des ouvriers de cette usine [Castellane] [1 an de prison]

– Barelle Jean Antoine, élève en pharmacie, employé au chantier communal de la Plaine, 23 ans, [place aux Œufs]

– Barrère  Jean Baptiste, chaudronnier, 30 ans [place aux Œufs] [déportation]

– Blanc Jean, plâtrier 24 ans [place aux Œufs] [6 ans de détention]

 – Blanc Nicolas, maçon, 24 ans, [place aux Œufs] [6 ans de détention]

– Bonnaud Honoré, boulanger, 38 ans, [Canebière] [2 ans de prison]

– Borciat, François, ouvrier menuisier, 19 ans, [place aux Œufs]

– Boucheraux Michel, marchand de meubles [accusé de connivences avec les insurgés]

– Bujersdorfer Georges Michel, tailleur de pierres, 37 ans, [place aux Œufs] [8 ans de détention] (Bavarois)

– Casadidio Louis, domestique, 23 ans, [Canebière] (Sarde)

– Couturat Louis Eugène, ouvrier cordonnier devenu commis en librairie, 35 ans [place aux Œufs] [1 an de prison]

– Cros Jean, coiffeur, 34 ans, [place aux Œufs] [8 ans de détention]

– Dalmas Étienne Jean Baptiste, ouvrier boulanger, 33 ans, [place aux Œufs]

– Derossi Darius, menuisier, 28 ans, [place aux Œufs]

– Dutto Pierre cordonnier, 40 ans [place aux Œufs] [condamnation correctionnelle, ss précision]

Fauroux Joseph, fabricant de malles, [place aux Œufs]

– Girard Vincent, tonnelier, 36 ans [place aux Œufs] [15 ans de détention]

– Girard Alexandre, tailleur de pierres, 30 ans, [place aux Œufs] [1 an de prison]

– Guigue Antoine Joseph, peintre sculpteur, 32 ans, [place aux Œufs] [5 ans de prison]

– Honoré Joseph dit Lerouge, dit Faissine, marchand de fagots, 50 ans, [place aux Œufs] [8 ans de détention]

Lautier Théodore, ancien militaire, serrurier mécanicien  à l’usine Taylor, [chef de barricade à Castellane] [5 ans de détention]

– Laugier Alexandre, commis négociant, 28 ans, [chef de barricade à Castellane]

– Merle, Joseph Pierre, tailleur d’habits, 47 ans, [place aux Œufs] [10 ans de détention]

– Moreau Rodolphe, serrurier et agent de remplacements militaires à Avignon, 37 ans, [Canebière]

– Mellino Jean Baptiste, Sarde, [place aux Œufs]

– Nada Pierre, scieur de long, 35 ans, [Canebière]

– Paysan Jean Baptiste, marchand colporteur, 24 ans, [Canebière]

- Prévost Louis Marie, ouvrier menuisier ébéniste, 30 ans, a entraîné des ouvriers du chantier du Prado [Castellane]

– Rue Fortuné, menuisier et logeur, 33 ans, ouvrier chantier du Prado [Castellane]

– Ronjeon François, portier au théâtre du Gymnase, 48 ans, [place aux Œufs]

Soulier François, , tailleur d’habits, 23 ans, [Canebière]

– Trotebas Marius, aide forgeron à l’usine Taylor, 25 ans, accusé d’avoir tué un soldat [Castellane] [déportation]

– Trotebas Séraphin, ouvrier serrurier, 29 ans, [Castellane]

– Udron Jean Constantin, ouvrier forgeron, 25 ans, taylor [Castellane]

– Vayri Jean, ouvrier cordonnier, 28 ans,  [place aux Œufs]


 Il est facile de voir que dans cette première catégorie, la très grande majorité des inculpés, ont participé aux événements de la Canebière et de la place aux Œufs. À côté de quelques artisans et commençants, on trouve représenté tout le petit peuple de l’atelier traditionnel et du bâtiment. Il a combattu dans le vieux Marseille qu’il connaît et où il habite. Au contraire, les quelques inculpés pour participation aux barricades de la place Castellane sont très majoritairement des ouvriers de la nouvelle métallurgie du sud-est de la ville.

Ceux qui furent lourdement condamnés restèrent fidèles à leurs convictions. Si un Carbasse qui devint délateur à Belle-Île, les autres demeurèrent fermes Montagnards.

 

- Deuxième catégorie. Classons la en trois catégories, suivant les lieux de l'insurrection

 

1 - Rue Saint Ferréol : deux inculpés seulement.

– Delon Marc, tailleur de pierres, 35 ans, chantier de la gare du ch de fer [rue St-Ferréol] [3 ans de prison]

– Vandelli Jean ébéniste, 26 ans, [rue St.Ferréol]

 

2 - Canebière et proximité, place aux Œufs.

– Allègre Alexandre, boulanger, 21 ans [place aux Œufs]

Aubert Théophile, ébéniste, 20 ans, [place aux Œufs]

– Aubin dit le Maconais, fugitif, [place aux Œufs]

– Barthélémy Félix, manœuvre, 30 ans, [place aux Œufs]

– Bellemain Jacques, tailleur de pierres, 26 ans, [place aux Œufs] [5 ans de prison]

– Bertaud Joannis, garçon cafetier, 18 ans, [place aux Œufs]

- Blanc Gustave, tanneur, 39 ans, [place aux Œufs]

– Blanchet Pascal Étienne, marin, 42 ans, [place aux Œufs] [5 ans de prison]

- Bonhomme Joseph, marchand colporteur, 32 ans, [Canebière]

– Bonnet Adolphe, boulanger, 19 ans, [place aux Œufs]  [condamnation correctionnelle, ss précision]

– Boutonnet Auguste, ouvrier gantier, 20 ans, (en route vers sa famille à Philippeville) [Canebière]

- Bussy Ferdinand, peintre en bâtiments, 22 ans, [place aux Œufs]

- Chollet Jean Baptiste, cordonnier, 58 ans, [place aux Œufs] [3 ans de prison]

– Chuit Alexis, peintre en bâtiment, 43 ans, [place aux Œufs]

– Curnier Etienne, marchand colporteur, 28 ans, fugitif, [place aux Œufs]

– Delaporte Auguste, ancien militaire, 31 ans [place aux Œufs] [8 ans de détention]

– Emperaire Alphonse dit Martin, garçon coiffeur, [place aux Œufs]

– Fabre Lazare, cultivateur au quartier Saint Loup, 52 ans, [place aux Œufs] [18 mois de prison]

150 – Frégy Antoine, manœuvre, 19 ans, [place aux Œufs]

– Funel Funel Dominique Antoine, scieur de long, 20 ans, chantier communal de la colline Bonaparte [condamnation correctionnelle, ss précision]

- Gardenti Marius Pierre, maçon, 20 ans [place aux Œufs] [5 ans de prison]

– Girard François corroyeur 47 ans, [place aux Œufs]

- Giraud Jean Pierre, chaudronnier, 27 ans, [place aux Œufs] [8 ans de détention]

- Giraud Higonel ferblantier 22 ans, [place aux Œufs]

– Gouje Louis tuilier 24 ans, [place aux Œufs]  [condamnation correctionnelle, ss précision]

– Granger Louis, pêcheur, fugitif, [place aux Œufs]

– Guigue Antoine, vendeur de comestibles, 68 ans, [Canebière]

– Henri ouvrier en chaises, fugitif, [place aux Œufs]

– Job Désiré, cuisinier marin, 20 ans [Cours] [six mois de prison

– Jouve Louis, cuisinier, 18 ans, [place aux Œufs]

– Juge Louis, cordonnier 22 ans [place aux Œufs]

– Lagraffe Henri, commis marchand, 20 ans, [Cours]

– Latour Sylvestre, tailleur de pierres, 27 ans, [place aux Œufs]

– Laudière Jean Léon, serrurier, 26 ans, [place aux Œufs]

– Laurent Pierre, ouvrier mineur, 37 ans, [place aux Œufs]

– Lavigne Antoine, ouvrier boulanger, 28 ans, [place aux Œufs]

– Lécuirot Alphonse, peintre en bâtiment, 47 ans, [place aux Œufs]

– Léon Eugène, ouvrier boulanger, 19 ans [place aux Œufs]  [condamnation correctionnelle, ss précision]

– Lévy Lazare, marchand de sucreries, 44 ans, Parisien de passage [place aux Œufs]

– Maillet Théophile, ouvrier peintre en décors, 22 ans, [place aux Œufs]

– Marc, terrassier, 18 ans, [place aux Œufs]

– Marmet Jean Baptiste, serrurier forgeron, 51 ans [Canebière] [1 an de prison]

– Martignan Antoine, boulanger, 26 ans, [place aux Œufs]

– Martin Henri, cartonnier, 27 ans, [place aux Œufs] [6 ans de détention]

– Martin Joseph dit Maridje, commissionnaire, 32 ans, [place aux Œufs]

– Masson Alexandre, peintre en bâtiments, 18 ans [place aux Œufs]

– Meille Jean Pierre, décrotteur, ancien garçon de café, 18 ans, [place aux Œufs]

– Mérentié Marius, ouvrier cordonnier, 35 ans, [Place aux Œufs]

– Miffret Joseph, journalier, 27 ans, [place aux Œufs] [6 ans de détention]

– Milani Pierre, journalier, 19 ans, [place aux Œufs]

– Molinard Alexandre, ouvrier cordonnier, 28 ans, [place aux Œufs]

– Noyer Joseph, jardinier, 21 ans, [place aux Œufs] [6 ans de détention]

– Ordant Michel, garçon de billard, 18 ans, [place aux Œufs]

– Parat, Jacques Antoine, serrurier mécanicien, 23 ans, [place aux Œufs]

– Péget Nicolas, ouvrier tailleur de pierres, 24 ans, [place aux Œufs] [5 ans de prison]

- Peille François dit casseur de pierres, saltimbanque, 22 ans, [place aux Œufs]

– Pépiton Edouard, garçon de salle, 20 ans, [place aux Œufs] [5 ans de prison]

– Petit, Jean Louis, forgeron, 56 ans, [place aux Œufs]

– Philippeau Pierre, cordonnier, 22 ans, [place aux Œufs]

– Pipet Célestin Julien, ouvrier peintre, 28 ans [place aux Œufs] [3 ans de prison]

– Poisson Louis, tisserand et marchand colporteur, 31 ans, [place aux Œufs] [6 ans de détention]

– Pomme Joseph, ancien postillon, 33 ans, [place aux Œufs]

– Pradeau Jean Baptiste, menuisier, 17 ans, [place aux Œufs]

– Ravel Joseph, journalier scieur de bois, 52 ans, [place aux Œufs]  [condamnation correctionnelle, ss précision]

– Rochetin Laurent, tailleur de pierres, 23 ans, [3 ans de prison] [Castellane]

– Rossi Charles François, boulanger, 30 ans, [place aux Œufs] [3 ans de prison]

– Saintupayri Jean, tourneur, 26 ans, [place aux Œufs]

– Sauvaire Antoine, ouvrier boulanger, 28 ans, [place aux Œufs] [5 ans de détention]

- Schaffausen Joseph, journalier, 28 ans, [place aux Œufs]

– Sébastien Joseph, terrassier, 24 ans, [place aux Œufs]

– Sévin, Eugène, ouvrier ferblantier, 23 ans, [place aux Œufs] [1 an de prison]

– Simian Romain, boulanger, 26 ans, [place aux Œufs]

– Sorro Jacques Victor, ouvrier tanneur, 20 ans, [place aux Œufs]

– Surreau Émile, sellier 20 ans, [place aux Œufs]

– Teste Louis, ouvrier mineur, 17 ans, [place aux Œufs]

– Tirel Claude, raffineur de sucre, 23 ans, [place aux Œufs]

– Turcan François, mesureur public, 32 ans, [place aux Œufs]

– Vivien François, journalier, 32 ans, [place aux Œufs]

– Viton Hypolite portefaix 19 ans, [place aux Œufs]

Comme je l'indiquais dans l'article "Barricades", ce sont très majoritairement des hommes jeunes, voire très jeunes (beaucoup ne sont pas majeurs), et clairement prolétaires salariés : représentants des métiers traditionnels de l'atelier (cordonniers, tailleurs, dont la tradition démocratique est bien attestée, ainsi que celle des ouvriers boulangers), menuisiers, chaudronniers, maçons et tailleurs de pierres si nombreux dans cette ville en plein essor, journaliers, manœuvres. Les métiers du port sont pratiquement absents.

 

3 - place Castellane :

– Aeschlimann Auguste Guillaume, tourneur 27 ans, [Castellane]

– Balajat Michel, charretier, entrepreneur travaux publics,  43 ans, [Castellane] [3 ans de prison]

– Bayard Henri, peintre en tableaux, 46 ans, [Castellane]

– Bellet Adolphe, ouvrier mécanicien Taylor [Castellane]

– Berthet André ouvrier serrurier, 20 ans, [Castellane]

– Bontemps Jean Guillaume, frappeur atelier taylor, 35 ans, [Castellane] [1 an de prison]

– Cadenel Louis, formier tourneur en chaises, 22 ans. [Castellane]

– Caron Jacques Louis, carrossier 31 ans, [Castellane]

- Deleyderier Alphonse, tourneur sur métaux chez Taylor 22 ans, [Castellane]

– Escalup Pierre, ouvrier forgeron, 21 ans, [Castellane]

– Estermann François, ébéniste 42 ans, [Castellane]

– Expily Jean, tailleur de pierres, [Castellane]

– Girardet Nicolas, ouvrier mineur, 43 ans [Castellane]

– Isoard Alexandre, ébéniste, 30 ans, [Castellane]

– Lange Bruno, charretier, 25 ans, [Castellane] [8 ans de détention]

– Laurent Pierre dit Champagne, forgeron, 39 ans, [Castellane]

– Macario Jean Baptiste, menuisier modeleur, 35 ans, [Castellane]

– Maury Eugène, ouvrier cordonnier, 27 ans, [Castellane]

– Maury Léon, id 25 ans, [Castellane]

– Mazet Dominique, journalier, 69 ans, [Castellane]

– Monachon Léopold, ouvrier mécanicien, 22 ans, [Castellane]

– Riffel dit le Suisse, ouvrier tourneur taylor, fugitif, [Castellane]

– Ruffel Adrien id 18 ans, [Castellane]

– Thibert Paul, tailleur de pierres, 24 ans, [Castellane]

– Touchet Armand, ouvrier mécanicien, 28 ans, [Castellane]

 [condamnation correctionnelle, ss précision]

– Verlin Jean, tailleur de limes  22 ans, [Castellane] [5 ans de prison]

Les ouvriers de la métallurgie implantée au sud immédiat de la place, et ceux des chantiers communaux du Prado, au sud également, ont donc fourni le gros de la troupe.

 

Le trauma de l'insurrection des 22 et 23 juin eut pour conséquence, dans un premier temps, la distance accrue entre les plus revendicatifs ou les plus politisés des ouvriers, et les démocrates socialistes "respectables", ennemis du désordre. Mais, à terme, il inscrivait la combativité ouvrière dans un radicalisme qui ne cessera de se manifester à Marseille, qui mûrira sous l'Empire et dont la force se manifestera avec évidence en 1869-1870. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

 

 

 

 

 



Par rene - Publié dans : histoire 1848-1852
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  • : René Merle, agrégé d'histoire, docteur ès lettres, chroniqueur et romancier - Ce blog a présenté initialement le fruit d'un travail personnel de recherche et de documentation sur la culture d'Oc, l'écriture du francoprovençal, l'histoire du mouvement républicain et du mouvement ouvrier. On y trouvera désormais des réflexions concernant l'actualité sociale et politique. Il propose également un reflet d'une écriture personnelle de fiction (romans, nouvelles, poésie).
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